Rémino est le site Web personnel et le journal de Rémi, un programmeur Web acadien trilingue et enthousiaste du Japon dans sa vingtaine provenant du Nouveau-Brunswick, Canada, ayant demeuré à Ottawa et habitant présentement à Saitama, près de Tokyo. Il publie des photos et des vidéos et écrit ici principalement en anglais à propos de n'importe quoi. Il écrit aussi souvent sur Twitter et à propos de sa vie au Japon sur Edojin.

Le Bilinguisme

Lorsque j’ai lu à propos des francophones qui décrient le manque de service en français dans le nouveau casino récemment ouvert à Moncton, je savais que cela sera un autre débat sans fin.

Il est toutefois bizarre que la gestion du casino n’ait pas pris la peine de franciser ses services.  L’établissement est subventionné par des fonds du gouvernement provincial du Nouveau-Brunswick, la seule province officiellement bilingue au Canada.  Le français et l’anglais doivent aussi avoir une part égale au pays, ou du moins au gouvernement fédéral, un droit que protège la Constitution canadienne.  Il est surprenant que personne ne semble avoir averti à Toronto les dirigeants du casino, ou il est possible que ces personnes ont ignoré cette obligation.

Lorsqu’on parle du bilinguisme, ou plutôt de son absence, j’entends souvent la même histoire du côté des francophones.  Ils encouragent les leurs de se battre.  Ils croient dur comme fer que les irréductibles Anglais tentent de les assimiler.  Peut-être ce qu’il ne savent pas est que les anglophones ont des craintes similaires.

Le tout se résume en une croyance partagée par la plupart des gens de chaque côté : puisque nous sommes un pays bilingue, nous devrons pouvoir y vivre qu’avec une langue sans apprendre l’autre.  Voilà une attitude complètement ridicule !

D’après moi, il s’agit du contraire.  Dans un pays officiellement bilingue, il serait préférable de maîtriser ses deux langues.  Certainement, il y a quelques exceptions, dépendant des réalités linguistiques de chaque région.  La Péninsule acadienne est presque totalement francophone alors que plus de la moitié de Vancouver et de ses environs parlent une langue de l’Asie occidental.  Alors là, une certaine flexibilité aux règles est nécessaire.

Lorsqu’un client demande le service dans la langue de son choix, l’employé a besoin d’être bilingue afin de respecter cette demande.  Mais, sommes-nous pas tous des clients et des employés ?  Même si une personne veut se faire servir dans la langue qu’elle préfère, elle aura un jour l’obligation de servir quelqu’un dans la langue de son choix, pas de la sienne.  Cette réalité s’applique très bien aux deux populations linguistiques majeures du pays.

Souvent, les personnes qui se plaignent du manque de respect envers le bilinguisme sont celles qui ne veulent pas apprendre l’autre langue ou qu’elles ne veulent pas la mettre en pratique.  Quelle hypocrisie !  Il est bien plus simple d’apprendre une langue pour soi-même que de forcer une population entière à apprendre l’autre.  Ces personnes sont souvent gênés ou ont peur de faire des faux pas.  La plupart d’entre eux ne risquent pas de sortir de leur région natale, afin de ne pas avoir à parler une autre langue.  Malheureusement, ces gens ratent cette chance d’exploiter un des meilleurs outils de communication de l’humanité : le langage.  C’est fou les chances qu’on met de son côté lorsqu’on apprend plusieurs langues !

Ce qui me choque le plus, c’est que la plupart des francophones que je connais sont contre les Anglais, même au point de les détester.  Ils reprochent les coups durs qu’ils nous ont fait dans le passé.  La perte du Canada, la déportation, etc.  Ne savent-ils pas que les Anglais d’aujourd’hui n’avaient pas leur mot à dire en 1755 ?  Même les Anglais de ce siècle n’avais pas le choix de faire leur travail qui leur a été demandé.  Certains d’entre eux ont même écrit dans leur journal qu’il étaient peiné de déporter les Acadiens, de les priver de leurs biens et de leurs terres et de briser des familles.  Il y a bien des actions déplorables que nos ancêtres ont fait dont lesquels nous n’en parlons jamais.  Saviez-vous qu’un 1066, le duc de Normandie Guillaume le Conquérant avait conquis l’Angleterre ?  Cette invasion à forcé la langue française a être utiliser en cours et a changé la langue Anglaise à ce qu’il est aujourd’hui, avec une vocabulaire maintenant composé de 60% de mots d’origine française.  Cette page d’histoire est avant la conquête du Nouveau Monde, mais il s’agît toutefois d’une autre friction entre les Anglais et les Français, nos ancêtres.

Dans le cas du nouveau casino, les francophones se plaignent du manque de service en français.  Cependant, avant son ouverture, plusieurs francophones allaient au casino anglophone en Nouvelle-Écosse.  Aussi, lorsque les machines à poker étaient permisses dans les dépanneurs, ils étaient tous uniquement en anglais.  Même les machines dans les bars de la Péninsule sont de cette sorte.  Alors, qu’elle est la différence ?  Lorsque j’ai gagné un petit lot dans le casino à Ottawa, je vous assure, la langue importait peu.  (Malgré que ce casino offre aussi le service en français.  Il ne faut que le demander.)

Les francophones critiquent souvent le manque de français dans certains établissement, mais il ne parlent jamais des cas où ils ont reçu un excellent service en français.  Je crois qu’on a besoin plus de bonnes exemples que de critiques, afin d’encourager le bilinguisme.  Il m’est arrivé une fois de demander le service en français dans une pizzeria à Dieppe.  (Je ne sais pas pourquoi je l’avais demandé.  Simple curiosité, peut-être.)  Lorsque le serveur m’a poliment dit en Anglais qu’il allait trouver un francophone pour moi, je lui avait dit de laisser tomber.  Il m’assurait sans cesse que ça ne serait pas un problème et je lui répétait que je n’avais pas de problème en Anglais.  Voilà qu’on se battait alors que la situation était en ma faveur.  J’ai vécu plusieurs cas où les Anglais étaient d’accord avec le status quo des francophones.  J’ai rencontré un anglophone à Moncton qui croyait que les francophones devraient recevoir des excuses de la Reine d’Angleterre, une autre à Ottawa m’a dit qu’elle était en faveur du bilinguisme et un de mes ex-colocataires de la Nouvelle-Écosse aimait beaucoup la langue française et qualifiait le Québec « la belle province. »

Dans la Péninsule, les francophones sont très chanceux.  Le français a l’exclusivité dans la région.  Il est rare que j’y ai vu une affiche bilingue.  Ou est la terrible assimilation anglaise dans ce cas ?

Puis les personnes qui parlent une langue autre que les deux langues officielles ?  Qu’est-ce qu’on fait avec eux ?  Ce ne sont pas que des immigrés, pourtant.  Les gens des Premières nations étaient au Canada bien avant nous !

J’habite au Japon.  Pensez-vous que je demande le service en anglais ou en français ?  Absolument pas.  Je suis ici, donc j’apprend le japonais.  Ça fait de l’exercice pour ma langue, en tout cas.  Mais, j’ai été surpris d’avoir été servi en anglais à quelques reprises, question pour mon interlocuteur d’enfin pouvoir pratiquer sa deuxième langue.  Je me suis même fait servir en français une fois à Hiroshima !  La langue officielle ici est évidemment le japonais, mais avec tous les immigrés ici, comme moi, un bon nombre de Japonais ont fait un effort de parler une langue que je puisse parler sans difficulté.  La preuve que l’Anglais, grâce au Commonwealth, est l’une des langues les plus parlées, et l’une des plus apprises, du monde.

Je pourrais discuter du sujet pendant des heures.  Ma seule solution est d’apprendre des langues.  Peut importe ou vous êtes dans le monde, maîtriser une deuxième langue est toujours avantageux et ça facilite beaucoup les choses.

Tu me reconnais pas ?

C’est fou comment même la plus petite des jasettes peut nous marquer. Certains sont positifs, d’autres nous essayons d’oublier.  Ceci est l’histoire d’un court dialogue que j’ai eu avec une ancienne camarade de classe : un moment qui m’a fait réfléchir au sujet de mon temps sur les bancs d’écoles.

Lorsque je travaillais au centre-ville d’Ottawa, j’allais régulièrement dans un restaurant vietnamien sur la rue Bank avec un collègue et ami pendant l’heure du diner. C’était une simple routine. Je commandais toujours la même chose : numéro 83, poulet avec riz. Une fois les plats arrivés sur notre table, nous discutons de la pluie et du beau temps pendant que nous dégustons nos mets. Nous demeurons quelques minutes, payons à la caisse et retournons au travail.

Mais un jour, quelque chose d’inhabituelle est survenue. Lorsque je marchait au comptoir pour payer mon repas, une femme aux cheveux roux m’arrête en exclamant mon nom :

  • Rémi ?
  • Euh, oui… Est-ce qu’on se connait ?
  • Tu me reconnais pas ?
  • Je pense pas, non.
  • Ah bien, je te le dis pas.

Pardon ? Voilà qu’elle m’arrête pour confirmer mon nom, mais elle n’a pas la gentillesse de me dire le sien ?

Étrangement, avec une telle attitude, j’ai vite compris qu’elle s’agissait d’une de mes anciennes camarades de classe.  Une de ceux qui m’ont accordé que des insultes plutôt qu’une simple quiétude.  Franchement, ça fait 9 ans qu’on s’est vu et c’est comme ça qu’elle me salut ?  J’ai vite ignoré cette personne et je me suis retourné tout en sortant mon porte-feuilles.

Au moment où j’ai sorti mon argent pour la donner à la dame derrière la caisse, le nom de l’étrangère m’est revenu.  Elle était entrain de m’observer debout, devant le comptoir, sans dire un mot avec un sourire en coin.  Après avoir récupèré ma monnaie, je me suis retourné à nouveau.  Je lui ai dit le nom que j’avais en tête et elle me répond :

  • C’est ça ! Puis, qu’est-ce que tu fais astheur ? Tu travailles dans les ordinateurs, je suppose ?
  • Ben, qu’est-ce que tu penses ?

Son air de fin nez qu’elle a vibré tout au long de ses paroles me tapait sur les nerfs.  J’ai seulement sorti du restaurant avec mon collègue sans dire un mot de plus.

Est-ce si compliqué pour ces ex-camarades de me saluer avec politesse ?  Les autres personnes que j’ai rencontrées me traitent très différemment quand ils me voient depuis longtemps.  En voici un exemple :

  • Rémi !  Comment ça va ?  Ça fait longtemps !
  • Euh…  Voyons, je te place, mais j’ai oublié ton nom !
  • C’est Rachelle !
  • Oui !  Je me souviens !  On travaillait ensemble au centre d’appel.  Comment va la vie ?

Voyez ?  Ce n’est pourtant pas compliqué !

L'Autre George

J’ai discuté avec un Acadien aujourd’hui qui n’est pas aimé par tous.  Il s’agît de George Latouffe.  Je n’étais pas content de son récent comportement et je devais en parler.

George est le personnage que j’ai créé et incarné comme vedette du site Web de comédie acadienne Plourde-o-matique.  Il est un fermier et inventeur Acadien, mais avec une terrible personnalité.  Après une controverse qui a surgit après un nombre croissant de visiteur vers le site Web, j’ai pris la décision de le fermer, et d’oublier George, il y a maintenant environ 10 ans.

Je croyais que ça serait simple.  Après tout, il était fictif, non ?

Peut-être avais-je tord ?  Il y a quelques mois, quelqu’un m’a envoyé une demande d’amitié sur Facebook.  C’était George.

Comment ?  J’étais un peu perplexe.  Pourquoi quelqu’un veut m’ajouter dans sa liste d’amis avec un pseudonyme que j’ai utilisé avant ?  Qui se donnait le droit de le faire ?  Bien sûr, je me suis dépêché à contacter cet acteur ou cette actrice.

Après un échange de quelques messages privés, cette personne m’a révélé son vrai nom et m’a expliqué qu’il est tout simplement un admirateur de l’ouvrage que j’avais fait.  Déçue de la fermeture du site, la personne derrière cet autre George à décidé de renaître l’Acadien impoli.

J’ai pris la situation à la légère et j’ai ajouté George à ma liste.  Quelques amis qui avaient rencontré ce personnage auparavant l’ont aussi ajouté.  L’Acadien frustré s’amusait à écrire des bêtises avec une vulgarité très grossière.  Mes amis et moi n’avons fait que rire et de laisser nos commentaires à quelques reprises.

Cela ne ma pas dérangé, mais j’ai changé d’avis hier.  George s’est amusé à aller insulter des gens dans plusieurs pages et dans une variété de groupes acadiens sur Facebook.

J’ai remarqué une panoplie d’insultes affichée dans mon fil de nouvelles sur Facebook.  Ces messages envoyaient carrément promener les autres utilisateurs sans aucune raison.  La plupart d’entre eux sont Acadiens et ils étaient très choqués.

Ce qui m’a inquiété plus gravement, est lorsque certaines personnes ont recherché sur Internet pour le nom « George Latouffe » et ont retrouvé mon site Web.  Plus précisément, la plupart des gens ayant effectué une recherche avait trouvé un article que j’avais écrit à propos de Plourde-o-matique, soulignant le 6e anniversaire de sa fermeture.

Immédiatement, j’ai compris qu’il fallait que ça cesse.  George n’est pas moi, mais Plourde-o-matique à fait croire à plusieurs Acadiens que lui et moi ne font qu’un, même s’il n’était qu’une figure de l’imaginaire.  George est décédé et il ne devait pas ressusciter.

De plus, après avoir prit la peine de regarder le profile de George sur Facebook, je me suis aperçu que non seulement le marionnettiste derrière lui avait aussi un compte sur Twitter, mais qu’il attaquais grossièrement des Québécois.

Lorsque j’ai vu tout ce dégât, je me sentais trahi et tout simplement en colère, pour le dire poliment.  J’étais le docteur Frankenstein et j’avais créé un monstre dont je ne pouvais plus contrôler.

Inutile de vous dire que depuis ce temps, je guettais sans cesse le Facebook Chat afin de voir si George allait finalement se connecter.  La seconde lorsqu’il est apparu, je lui est mit la main au collet.

C’était une discussion très prononcée.  Cette personne m’accusait sans cesse de ne pas avoir été jusqu’au bout avec mon ancien site Web.  Mon interlocuteur s’était transformer d’un amateur en un juge de mon talent.  Il était difficile de lui faire comprendre que je voulais passer à autre chose, mais éventuellement il en est venu à bout.

Je lui ai demandé de supprimer tous les messages qu’il avait écrits sur les autres forums.  L’usager derrière George l’a fait très rapidement.  La personne m’a aussi offert les mots de passe de ses comptes Facebook et Twitter.  Je lui ai dit de les garder et qu’il serait mieux si personne ne vois George à nouveau.  Pour terminer, je l’ai enlevé de ma liste.

Il y a tout de même un bon côté à cette histoire.  J’ai lu les commentaires de plusieurs gens qui me détestent encore aujourd’hui, même si je les ai jamais rencontré.  Aujourd’hui, je ne me cache pas pour dire ce que je pense.  D’ailleurs, j’ai filmé deux vidéo publié sur YouTube à propos des Acadiens, notre signification et nos stéréotypes.  Encore là, la moitié des commentaires écrites ne sont que des insultes.  Heureusement, l’autre moitié est une collection de compliments et de remarques constructives.

Voilà la preuve que, moi-même ou non, je me fais haïr dès que j’exprime une opinion qui ne révèle pas du status quo.  Pendant ma lecture des groupes sur Facebook, j’ai aussi remarqué que les autres qui font de même se font traiter de la même façon.  Je réalise pourquoi je n’ose plus demeurer dans la Péninsule acadienne où habite un peuple avec un esprit si fermé.  Je suis Acadien aussi et j’ai le droit de m’exprimer.  Faites-en autant !

J’ai décidé de faire ma vie; pas celle de George.  Vive la différence !

Cher Acadie, à la prochaine !

Feu de camp à Petite-Lamèque

Après avoir accueilli ma copine du Japon pour la première fois en 10 mois et passé une semaine avec elle et nos amis à Ottawa, nous sommes allés passer nos vacances estivales dans ma région natale du Nouveau-Brunswick, la Péninsule Acadienne.

Bonne fête des Acadiens !

Mes amis et moi à la première d'Acadieman

Je n’ai qu’à peine quelques minutes pour écrire un peu avant de continuer la fête avec mes amis.  Je vais détailler mes vacances un peu plus tard, incluant mon temps avec ma chère copine à Ottawa et au Nouveau-Brunswick, les débuts du Congrès Mondial Acadien qui encadre la Fête nationale de l’Acadie, la première d’Acadieman, nos folies entre amis et bien d’autres aventures.

Pour le moment, en ce 15 août 2009, je désire souhaiter à tous mes amis acadiens, ainsi que tous les autres Acadiens de la planète, un bonne fête !

Afin de vous tenir en haleine lors de l’attente des détails de mon congé, nous voici à la première du film Acadieman vs. le CMA 2009 à Tracadie-Sheila en vidéo sur le site de CapAcadie.

Image en arrière-plan