Parler le japonais en 5 minutes

Ce texte fut publié originairement sur la page Facebook Acadie au Japon le 19 septembre 2018. Les exercices ont été ajoutés le 27 mai 2020.

Comment le japonais marche ?

Ben debout sur deux jambes comme tout autre être humain, à moins d’être à béquilles ou en chaise roulante.

Mais là je parle de la langue, pas de la personne.

À fin de vous aider à aller vous coucher moins niaiseux à soir, je vais vous parler un peu de la langue japonaise afin que vous pouvez le démystifier, au moins un p’tit peu. Aujourd’hui, je vais vous décrire ce qui est le plus simple : le japonais parlé. (Parce que le japonais écrit, c’est moins facile. Ça viendra plus tard.)

On va traduire une phrase bien normal, qu’on va transformer au fur et à mesure :

Je vais aller manger du sushi à Caraquet demain.

Ah oui, les japonais parlent toujours de Caraquet. Vous vous souvenez de la shot 9 ans passés quand j’ai vu une annonce d’Ichiboshi à la télé parler de Caraquet ? 😛

La première chose à savoir est que le japonais a pas d’article comme en français :

Je vais aller manger sushi à Caraquet demain.

Il y a pas de prépositions non plus :

Je vais aller manger sushi Caraquet demain.

La structure de phrase est aussi différente. En français, c’est sujet, verbe, objet direct (SVO). Mais en japonais, c’est presque l’inverse : sujet, objet direct, verbe (SOV). On obtient :

Je demain Caraquet sushi vais aller manger.

Les verbes en japonais ont seulement deux temps : passé et présent ou future. C’est pour ça qu’on précise qu’on va aller demain :

Je demain Caraquet sushi aller manger.

Si on enchaine deux verbes, faut aussi renverser l’ordre, parce que le aller indique comment on à l’intention de faire le reste du plan :

Je demain Caraquet sushi manger aller.

J’ai dit tantôt que le japonais n’a pas de prépositions. Mais, il a des postpositions ou ce qu’on apelle des particules qui vient après (au lieu d’avant) les mots afin de décrire leurs fonctions. Ils ne se traduient pas directement en français. Pour tout suite, on va simplement écrire les fonctions :

Je (← sujet de la conversation) demain (← temps) Caraquet (← direction) sushi (← objet direct) manger aller.

Je dis sujet de la conversation parce que le japonais distingue le sujet de la conversation et, s’il y en a un, le sujet de la phrase.

Bon là, on vient de déconstruire la phrase. Temps de la reconstruire en japonais. On va traduire les mots avec les particules un par un :

Watashi (wa) ashita (ni) Karaketto (ni) sushi (o) taberu iku.

(Lorsqu’écrit en alphabet, les A, E, I du japonais se prononcent comme dans spaghetti.)

Les verbes en français ont des groupes : les verbes en -er et les verbes et -ir et les autres. En japonais, c’est la même chose : les verbes en -eru, les autres verbes en -u, et les verbes spéciaux et irréguliers comme kuru (venir) et suru (faire). (Le verbe suru est peut-être le plus polyvalent en japonais. On en reparlera une autre fois.)

Quand on enchaînent deux verbes, faut montrer le rapport. Pour ça, faut transformer le premier verbe en nom commun et l’enchaîner avec une particule pour dire que le dernier verbe indique ce qu’on va faire :

Watashi (wa) ashita (ni) Karaketto (ni) sushi (o) tabe (ni) iku.

Mais le ni ici est pour toute la clause qui précède le iku, pas juste le mot. Pour revenir en français :

Je demain Caraquet sushi manger (← le plan) aller.

En français, il existe le vouvoiment, parler aux autres individus en vous par politesse. En japonais, il y a plusieurs niveaux de politesses. Même les verbes ont des conjugaisons spéciales pour ça. Si on veut dire poliment à une connaissance la phrase ci-haut, il suffit de conjuger la phrase différemment :

Watashi wa ashita ni Karaketto ni sushi o tabe ni ikimasu.

Voilà ! Vous venez de dire votre première phrase en japonais.

Mais…

Les gens parlent pas vraiment comme ça à tout le monde. Il y a des choses qu’on peut simplifier si on parle avec des gens qu’on connait. En japonais, il y a plusieurs mots qu’on peut omettre.

Par exemple, si je suis par moi-même puis que je dis à un ami mes plans pour demain, c’est pas mal évident que je parle de moi. Dans ce cas, je peut omettre le sujet :

Demain Caraquet sushi manger aller.
Ashita ni Karaketto ni sushi o tabe ni ikimasu.

Si je dis ashita (demain), je peux omettre son particule parce que ça fonction est évidente :

Ashita, Karaketto ni sushi o tabe ni ikimasu.

Puis si c’est un ami, pas besoin d’être si poli :

Ashita, Karaketto ni sushi o tabe ni iku.

On peut même omettre le particule qui indique l’objet direct, parce qu’on le prononce presque pas et ce qui précède le verbe est habituellement l’objet direct :

Ashita, Karaketto ni sushi tabe ni iku.

Bon, c’est mieux.

En japonais, on peut souvent même juste dire le verbe, puis ça suffit. Comme exemple, le surlendemain, mon ami me demande si j’ai mangé du sushi :

Tu as mangé du sushi hier ?

Habituellement, on va simplifié la phrase :

Hier sushi mangé ?

Ce qui donne :

Kinō sushi tabeta ?

(Les voyelles avec une barre dessus, le micron, sont longues.)

En réponse, au lieu de dire poliment :

Hai, sushi o tabemashita.
(Oui, j’ai mangé du sushi.)

(Notez que même poliement, le watashi wa est superflu puis qu’on sait déjà que la conversation est au sujet de moi.)

Je peux simplement dire :

Un, tabeta.
(Oui, mangé.)

(Un est une autre façon de dire oui. Les sons de un ici son prononcé séparemment : u ensuite n. Ça sonne presque comme une, et pas un, en français.)

Pour être plus direct, on peut simplifier encore plus :

Tabeta.
(Mangé.)

Si j’en ai pas mangé :

Tabenakatta.

Le japonais n’a pas de ne pas : les verbes ont une conjugaison négative qui s’enchaînent au autres conjugaisons. Une autre caractéristique qu’on ne trouve pas en français.

Un autre exemple, au lieu d’être au passé, je suis en face d’un ami qui me présente du sushi. Il m’en offre, mais j’ai pas faim :

Sushi taberu ?
A, tabenai. Arigatō.

Litéralemment, on dit :

Sushi mange ?
Ah, mange pas. Merci.

C’est comme si qu’on disait :

Tu veux du sushi ?
Ah, ça me tente pas. Merci.

Ou, peut-être que j’en ai déjà mangé :

Saki tabeta.
(J’en ai mangé tantôt.)

Mais si on en a vraiment envi d’aller en manger ailleurs :

Sushi tabeni ikō !
(Allons manger du sushi !)

Évidemment, je suis pas en enseignant de japonais puis ce que je viens de vous dire est pas un cours avancé de japonais, mais j’espère que ça vous ferra découvrir un peu comment la langue est parlée.

La prochaine fois, je vous expliquerai un peu le japonais écrit.

En attendant, n’hésitez pas à pratique votre japonais frais dans votre tête en laissant un commentaire ! Comme exercise, je vous propose de traduire les phrases suivantes :

  1. Ce soir, je vais aller au bar.
  2. Demain, je vais courir à Lamèque.
  3. J’ai fermé la porte.

Le vocabulaire suivant peut vous aider :

  • aller : iku
  • ce soir : konya
  • courir : hashiru
  • bar :
  • demain : ashita
  • fermer : shimeru
  • Lamèque : Ramekku
  • porte : doa

Mata kondo !
À la prochaine !

Le suicide au Japon

Je vois que les gens à l’extérieur du Japon ont tendance à voir ce pays comme une nation où tout est beau, pratique, efficace, calme… On pense que la vie est toujours rose ici. Mais comme n’importe où et n’importe quoi, le Japon a ses bons et ses mauvais côtés. Un de ses aspects les moins favorables est son taux de suicide.

Vers la fin décembre, Logan Paul, une célébrité américaine de YouTube est venue faire un tour. Comme bon nombre de visages populaires sur ce site, il exagère ses émotions, se mets à crier presqu’à chaque cinq minutes, puis fait des niaiseries à des étrangers à leur insu, parce que, ça l’air que c’est terriblement comique de paraître émerveillé puis énervé par tout ce qui bouge. Un gars comme lui, c’est sûr qu’il allait venir au Japon puis tout faire pour réaffirmer que le pays est tellement « bizarre » puis « excitant ». Le YouTuber est aussi allé à un endroit au pied du Mont Fuji où il eu la peur de sa vie, ce qui l’a ramené sur terre assez vite.

La face à Logan Paul
Logan Paul, une célébrité de YouTube, a été pas mal surpris. (Source : YouTube.)

Il s’agissait de la forêt Aokigahara (青木ヶ原, littéralement « le champ des arbres verts »). Autant belle que lugubre, c’est l’endroit le plus populaire pour les suicides au pays, avec une centaines de corps retrouvés en moyenne à chaque année. On dit que la forêt est hantée par les fantômes des personnes qui y se sont enlevé la vie. Une pancarte à l’entrée de la forêt rappelle aux gens qu’ils sont aimé et de se confier à une ligne-secours s’ils pensent mettre un terme à leur vie.

Une pancarte à l'entrée de la forêt.
À l’entrée de la forêt, on peut y voir une pancarte qui décourage ceux qui y pensent de s’enlever la vie. (Source : AokigaharaForest.com)

Lorsque la vedette de YouTube s’est rendue dans cette forêt, à un moment donné, il a aperçu un homme. Il l’a interpellé, mais il s’est vite rendu compte que cette personne venait tout juste de se pendre. Dans son vidéo, on pouvait voir cet homme, mais l’image était floue pour censurer l’acte. Ça l’a tout de même pas empêché de continuer à filmer et faire des blagues de la situation. Suite à la controverse causée par ce vidéo, il a été retiré du site. Des gestes irrespectueux pour avoir de l’attention depuis son arrivé au Japon, il en a fait en masse, mais c’est le seul vidéo qu’il a enlevé.

Je veux dire, c’est facile pour un touriste d’ailleurs de venir ici, faire le diable, puis disparaitre du pays à jamais juste après deux semaines, sans subir les conséquences. Pour ceux qui restent ici, comme moi, on travaille, on paye des taxes, puis on essaye de s’accorder. Ceux qui voyagent oublient souvent que, le Japon, c’est pas juste un carré de sable ou un monde de fantasmes.

Des arbres dans la forêt.
La forêt est aussi surnommée « la mer des arbres ». (Source : AokigaharaForest.com)

En tout cas, Aokigahara, c’est qu’une petite partie du problème de suicide ici. Au Japon, il y a eu près de 22 000 suicides en 2016.

Le suicide est tellement courant ici que c’est impossible de ne pas connaitre quelqu’un qui n’a pas son histoire d’acte de suicide. Même moi, j’en connais quelques-uns. Ma femme, environ une douzaine, même dans sa propre famille. Le tout se passe souvent dans le silence : les Japonais ont de la difficulté de parler directement de suicide et de problèmes mentaux.

Un nettoyage après un suicide dans la station de Kami-Fukuoka dans la ville de Saitama. Se jeter devant un train est une autre méthode populaire de s'enlever la vie au Japon. (Source : DAJF / Wikipédia)
Un nettoyage après un suicide dans la station de Kami-Fukuoka dans la ville de Saitama. Se jeter devant un train est une autre méthode populaire de s’enlever la vie au Japon. (Source : DAJF / Wikipédia)

Il y a même des groupes qui s’associent pour faire des suicides collectifs et des personnes qui se suicident en public. En 2014, un vieil homme d’affaire s’est immolé devant des foules à Shinjuku, un des quartiers les plus achalandés de Tokyo. Puisque l’acte était un message politique contre le gouvernement, les média japonais ont été muselés et ont pas pu n’en parler. Dans mon cas, les seuls détails que j’ai pu obtenir au sujet de cet évènement à part que les réseaux sociaux provenaient de médias canadiens.

Des montagnes et le ciel entourant la forêt.
Une vue montagneuse entourant la forêt. (Source : AokigaharaForest.com)

La seule bonne nouvelle ici, c’est que le taux de suicide en 2016 était la première fois qu’il a diminué en 22 ans. Ça prend du temps pour que la société japonaise change. On peut souhaiter que petit à petit, les Japonais vont enfin se rendre compte qu’il ne faut pas se sentir coupable lorsqu’on veut parler de ses problèmes.

En tout cas, c’est pas un sujet pour faire des jokes dessus certain. Logan Paul l’a appris durement : YouTube vient de couper ses relations avec lui. La police japonaise aimerait bien lui mettre la main dessus !

L’année du chien

Si j’arrive à n’importe quel Japonais cette année et que je lui dit que je suis « toshi otoko » (年男, ce que j’aime traduire comme « le gars de l’année »), la personne va tout suite deviner mon âge. Lorsque j’ai visité le Japon pour la première fois en 2006, je pouvais en faire autant.

On connait tous les 12 signes de l’astrologie occidentale : Bélier, Taureau, Gémeaux, Cancer, Lion, Vierge, Balance, Scorpion, Sagittaire, Capricorne, Verseau et Poissons. Dépendant des systèmes zodiaques, chaque signe est pour environ 30 jours. (On dit qu’un 13e signe, le Serpentaire, a aussi été utilisé pour la fin de l’année.)

Ce qu’on connaît moins, mais qu’on a probablement déjà entendu avant, ce sont les 12 signes de l’astrologie orientale, ou l’astrologie chinoise, techniquement appelés « les 12 rameaux terrestres » : Rat, Bœuf, Tigre, Lapin, Dragon, Serpent, Cheval, Mouton, Singe, Coq, Chien, Porc (ou Sanglier, au Japon).

Les 12 rameaux terrestres dans un temple à Kurashiki. (Image provenant de Wikipédia.)
Les 12 rameaux terrestres dans un temple à Kurashiki. (Image provenant de Wikipédia.)

Vous avez sûrement été dans un buffet chinois où la nappe indiquait votre signe chinois basé sur votre année de naissance, comme suit :

Animal Années
Rat 1936, 1948, 1960, 1972, 1984, 1996, 2008
Bœuf 1937, 1949, 1961, 1973, 1985, 1997, 2009
Tigre 1938, 1950, 1962, 1974, 1986, 1998, 2010
Lapin 1939, 1951, 1963, 1975, 1987, 1999, 2011
Dragon 1940, 1952, 1964, 1976, 1988, 2000, 2012
Serpent 1941, 1953, 1965, 1977, 1989, 2001, 2013
Cheval 1942, 1954, 1966, 1978, 1990, 2002, 2014
Mouton 1943, 1955, 1967, 1979, 1991, 2003, 2015
Singe 1944, 1956, 1968, 1980, 1992, 2004, 2016
Coq 1945, 1957, 1969, 1981, 1993, 2005, 2017
Chien 1946, 1958, 1970, 1982, 1994, 2006, 2018
Porc/Sanglier 1947, 1959, 1971, 1983, 1995, 2007, 2019

Comme vous pouvez le voir, c’est un cycle de 12 ans et 2018 est l’année du Chien. Le cycle est basé sur l’orbite de Jupiter, qui prend 11.82 années à faire le tour du Soleil.

Les Chinois utilisent ce cycle par seulement pour les années, mais aussi pour compter jusqu’à 12 ou diviser quelque chose en 12 parties. Par examples : 12 points cardinaux et 12 heures dans une journée (chaque heure étant 2 heures pour le système de 24 heures).

Les 12 et 24 points cardinaux chinois, nommés d'après les rameaux terrestres. Leur tradition est de pointé le nord vers le bas. (Image provenant de Wikipédia.)
Les 12 et 24 points cardinaux chinois, nommés d’après les rameaux terrestres. Leur tradition est de pointé le nord vers le bas. (Image provenant de Wikipédia.)

Ils ont d’autres systèmes, incluant 5 éléments (bois, feu, terre, métal et eau) ainsi que le système binaire de yin et yang. Le dernier montre que pour n’importe quoi dans le monde, il y a quelque chose d’opposé : masculin et féminin, inférieur et supérieur, haut et bas, etc.

Les Chinois utilisaient même ces systèmes ensembles pour un « cycle sexagésimal », ça veut dire, compter jusqu’à soixante. Ce qui est aussi vrai pour le calendrier, qui a aussi un cycle de 60 ans selon eux. Dans ce cas, 2018 serait l’année du Chien de terre yang. Puisque la terre est brune, on l’appelle aussi « le Chien brun ».

Je parle de systèmes et de philosophie chinoises, mais avant la Deuxième Guerre mondiale, les Japonais ont beaucoup emprunté de la culture chinoise pendant des siècles. Même si le Japon utilise le calendrier grégorien comme le monde occidental et célèbre le Jour de l’an le premier janvier, cela ne les empêchent pas d’être bien au courant des cycles de 12 et de 60 que j’ai expliqué ci-haut.

En tout cas, comme je disais au début, avec toute cette connaissance, si je dis à un Japonais que je suis un gars de l’année, ça veut dire que cette année à le même animal qu’à ma naissance. Quand il voit ma face, c’est sur que je suis pas dans ma vingtaine. Puisque ça doit être un multiple de 12, facile de deviner soit que j’ai 36 ans que je vais avoir cette âge cette année.

En tout cas, si vous êtes une femme qui vient au Japon et qu’un Japonais vous demande c’est quoi votre animal, ben si vous voulez pas lui dire quand vous êtes née, dites rien. Avec l’astrologie occidentale, il pourrait seulement votre mois de naissance. Mais avec l’astrologie orientale, il va deviner votre âge tout suite. 😛

Si je suis un Chien et que c’est l’année du Chien, ça doit être une année chanceuse pour moi. C’est ça qu’on me dit. J’ai hâte de voir si c’est vrai !


Image couverture : le chien de ma grand-mère. Il est noir. J’avais pas de photo de chien brun, malheureusement. Je me reprendrai dans 60 ans.

Réveillon

Pendant tes premières années au Japon, t’essayes de tout faire ce qui est « japonais », même plus que le Japonais moyen qui a passé toute sa vie ici : tu te bourres la face de sushi, tu vires des brosses sur du sake, tu vas travailler des longues heures au bureau puis tu vas suivre toutes les traditions qu’on t’a dit existent. Pendant la fin de l’année, tu vas aller boire un peu puis visiter un sanctuaire ou un temple pendant le réveillon ou le lendemain matin.

Mais quand ça fait plus de 5 ou 6 ans que t’es ici, ben tu réalises finalement que t’essayes trop de faire comme des Japonais qui existent pas vraiment. C’est pas vrai que tout le monde va suivre les traditions à la lettre ici. Puis faire quelque chose de différent, c’est pas méchant.

Cette statue à la station d'Hamamatsucho n'a pas de rapport avec le reste de l'histoire. Pour être honnête, on a pas d'idée de quoi elle représente.
Cette statue à la station d’Hamamatsucho n’a pas de rapport avec le reste de l’histoire. Pour être honnête, on a pas d’idée de quoi elle représente.

Pour la fin de l’an 2017, on est allé se bourrer la pense avec de la pizza de Chicago (la sorte de pizza fait dans un moule creux) dans une brasserie locale, Devil Craft, près de la station d’Hamamatsucho à Tokyo.

La pizza de Chicago était bonne ! (Puis pas mal graisseuse.)
La pizza de Chicago était bonne ! (Puis pas mal graisseuse.)

Je suis allé là avec des amis. Après roter notre diner en cœur, on a terminé notre soirée au karaoke afin de s’assurer qu’on achève notre œsophage pour quelques jours. Puis ça veut pas dire qu’on a arrêté de boire. Ça s’est terminé vers 3h du matin.

Une édifice de sept étages d'un autre karaoke, en face de notre boîte de karaoke.
Une édifice de sept étages d’un autre karaoke, en face de notre boîte de karaoke.

Les trains, habituellement, terminent leurs rondes vers minuit (ou même un peu plus tard, si tu peux te payer un appartement de la grandeur d’une garde-robe dans le milieu de Tokyo). C’est commun de voir les gens courir pour le dernier train, puis de courir avec eux, de 11h jusqu’à minuit. Les trains deviennent paquetés avec du monde paqueté.

La ligne Keihin-Tohoku termine son opération habituellement un peu après minuit, mais pendant le réveillon du jour de l'an, elle opère toute la nuit.
La ligne Keihin-Tohoku termine son opération habituellement un peu après minuit, mais pendant le réveillon du jour de l’an, elle opère toute la nuit.

L’exception pour la soirée avant le jour de l’an est que les trains sont en fonction toute la nuit ! On peut fêter comme on veut puis on est pas obligé de se presser pendent notre fun comme si on était Cendrillon.

C’est pour ça qu’on a passé une partie de la nuit à boire, manger puis chanter. En revenant, on a passé devant un chantier de construction où ils mesurent leur niveau de son pour pas sonner trop fort chez les voisins. J’en ai fait le test, parce que c’était important.

Voici le niveau de son d’un chantier de construction. (Vidéo en anglais.)

Chacun a prit son chemin. Je m’alignais pour retourner chez nous à Chiba. Mais quand je transférais à un autre train vers à peu près le tiers de mon chemin, je le voyais pas s’en venir.

 « Il est où, le train ? »
« Il est où, le train ? »

Ça adonnait que les trains que les autres prenaient opéraient toute la nuit… Sauf mon dernier.

Dans ce cas-là, ça voulait dire que j’étais pris à la station de Ueno toute la nuit, en attendant le premier train du matin.

Ça m’a permis de filmer les lieux pendant une heure pendant que je chiâlais.

Je montrais la station de Ueno pendant que je parlais pour pas dire grand-chose. (Vidéo en anglais.)

Avec les foules omniprésentes à Tokyo, c’est toujours quelque chose de voir des stations ou des rues populaires le jour et la nuit être presque complètement vides. Quand ça arrive, c’est certain que c’est parce que les trains sont pas en opération.

Des Japonais attendent le premier train du matin. (Puis moi je les prenais en photo comme si j'étais un touriste qui avait rien vu de sa vie.)
Des Japonais attendent le premier train du matin. (Puis moi je les prenais en photo comme si j’étais un touriste qui avait rien vu de sa vie.)

J’ai embarqué le premier train qui partait vers 4h30. Puis j’ai tombé endormi, ça fait que j’ai manqué mon arrêt, je suis arrivé trop loin, puis il fallait que je attende encore pour un autre train pour retracer mes pas.

À la fin, je suis arrivé chez moi vers 6h30. Rien de mieux que de commencer l’année en passant le jour de l’an avec une gueule de bois au lit (ou plutôt, dans le futon).