Promenade à Enoshima

Le mois d’août est fini. L’été arrive à sa fin aussi.

Mère nature passe à travers des phases : ça fait des jours, même des semaines, qu’on sait jamais qu’est-ce qu’il va faire dehors parce que ça change entre le soleil et la pluie à chaque jour, ou parfois à quelques heures. Déjà, l’Ambassade du Canada au Japon m’a envoyé trois alertes, chacune pour un typhon différent. Ça paraît que c’est plus le temps pour porter des sandales puis des culottes courtes.

Au premier jour de septembre, pour prolonger l’été un peu, je vais vous montrer une place où je vais presque chaque année. Pendant que ma femme devait se rendre à Osaka pour quelques jours, j’ai pensé sortir un peu après avoir travaillé fort en juillet.

C’était une belle journée ensoleillée. J’ai pris ma caméra puis j’ai embarqué le train pour Enoshima. Ça me prend deux heures pour me rendre là-bas. Une chance que j’ai apporté un bon manga à lire pour passer le temps.

Enoshima (江ノ島) est une petite île dans la baie de Sagami, liée par pont à la ville de Fujisawa, au sud de la préfecture de Kanagawa, un voisin de Tokyo. Littéralement, le nom veut dire « l’île (島, shima) de la baie (江, e ou ). » Au Canada, Windsor en Ontario est sa ville sœur.

Une fois descendu à la gare de Katase-Enoshima, j’ai sorti ma caméra pour prendre des photos puis commencer ma marche tranquille.

On peut voir le Mont Fuji de presque partout à Fujisawa et Enoshima, puis à bien d’autres places à l’est du Japon, mais faut être chanceux : la moindre humidité, pollution ou nuage va le cacher. En été, il est rare de voir Mont Fuji très clairement. Plus facile de le voir en automne ou en hiver.

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Mont Fuji vu de Enoshima une soirée en 2010.

Je n’ai pas pu le voir cette année, mais quand je suis venu dans la région en 2010 pendant la soirée, on pouvait voir sa silhouette. Je pensais jamais l’escalader… mais le lendemain, par coïncidence pendant un BBQ, j’ai été invité par un groupe pour y aller.

Il y a deux ponts parallèles : un pour les véhicules et l’autre pour les piétons.

Arrivé à l’île, j’ai vu une foule de visiteurs autour d’un lieu de vacance. J’étais surpris : il y a du monde d’habitude, mais pas tant que ça. Mais j’ai vite compris… C’était la manie de Pokémon Go. Quelqu’un avait jeté une patente dans le jeu pour attirer les Pokémon puis les joueurs qui les chassent. C’est là que j’ai pogné mon Pikachu. Vu que c’était mon seul but, j’ai arrêté de jouer. Haha.

C’est le temps d’escalader Enoshima. On dit que c’est une île, mais je dirais que c’est un mont aussi. Sinon, au moins une grosse bosse.

Tant qu’à jouer à des jeux, est-ce qu’il y a des passages secrets de Zelda sur l’île ?

Ben non. Ce symbole qu’on voit partout à Enoshima fait penser à un Triforce, mais c’est pas ça. Il s’agit d’un mon (紋, une héraldique, un blason familial ou d’un clan). C’est l’illustration de trois écales de dragon qui représente le clan Hōjō qui dirigeait cette région du Japon du XIIIe au XIVe siècle.

Ça continue de monter !


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En 1880, le marchant britannique Samuel Cocking avait bâti un jardin botanique avec une serre de 660 m2 pour une collection de plantes tropicales. Mais tout ça a été détruit pendant le gros tremblement de terre de 1923. En 2003, sa fondation de brique a été déterrée. L’année suivante, une nouvelle serre a été montée puis le jardin a été ouvert au public.

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Enoshima Sea Candle.

Au sommet de l’île, il y a l’Enoshima Sea Candle (la bougie de la mer), qui est un phare et aussi une tour d’observation. D’ici, on peut voir l’océan au sud du Japon et la ville de Fujisawa dans toute sa splendeur.

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Le nord d’Enoshima avec la ville de Fujisawa au loin.

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Le sommet de l’Enoshima Sea Candle.

Finalement, se rendre au sommet d’Enoshima est pareil comme se rendre au phare de Miscou ! 😉

La marche se fini pas là. On peut redescendre à l’autre côté de l’île où on y retrouve des restaurants, des magasins, des chambres d’hôtes et finalement la plage rocheuse où quelques gens y pêchent.

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Mais ça veut dire qu’il faut encore monter la pente pour revenir. Ça fait de l’exercice !

Ajisai (紫陽花 ou アジサイ, l’hortensia) est une fleure symbolique du Japon.

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On revenant, j’ai retrouvé quelques chats qui aimaient paresser sur le chemin.

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Ils avaient l’air fatigué. Puis je vais dire que moi aussi.

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Il était rendu 6h. Mes jambes voulaient se reposer puis j’avais faim. Fait que je suis revenu à la gare pour retourner chez nous puis manger à souper.

Fait que c’est ça, c’était ma marche. Je vous laisse avec le vidéo ci-haut avec des boutes de ce que j’ai vu là. J’espère que vous allez aimer. On se reverra la prochaine fois !

—Rémi

Le “tintamarre” japonais du 15 août

Au Japon, le 15 août est le jour commémorant la fin de la Seconde Guerre mondiale. Il y a des Japonais qui font aussi un tintamarre. 😛

C’est la journée que des groupes de la droite vont souvent manifester, comme le groupe Ganbarre Nippon! (Tenez bon, Japon !) dans ce vidéo filmé lundi la semaine dernière :

Étant donné qu’ils manifestent aussi contre la possibilité d’avoir une femme prendre la place de l’Empereur puis contre la communauté gaie, je crois pas que je m’accorderais bien avec eux. 😉

La ville dit aux enfants chaque jour de rentrer à la maison

À chaque jour, dans ma ville de Matsudo, juste avant que la soirée commence, une annonce pour les enfants se fait entendre à travers un système d’haut-parleurs répandu à travers la ville.

L’annonce est diffusé avec sa petite musique à tous les jours, même en fin de semaine. L’heure change au courant de l’année afin d’aller avec le coucher de soleil à travers des saisons : 16h30 en hiver, 17h en printemps et en automne, 17h30 en été. On peut l’entendre de partout, en dedans aussi. Le message vient de la ville, demandant aux enfants de rentrer chez eux et aux citoyens plus âgés de veiller sur eux :

(La musique débute à 0:15 dans le vidéo ci-dessus et le message à 0:40.)

Le message s’intitule Émission des bons enfants (よい子の放送, Yoi ko no hōsō) et va comme suit :

よい子の放送
Yoi ko no hōsō
Émission des bons enfants

こちらは松戸市役所です。
Kochira wa Matsudo shiyakusho desu.
Ici l’hôtel de ville de Matsudo.

外にいるよい子のみなさん、
Soto ni iru yoi ko nomi san,
Aux gentils enfants dehors,
もう家に帰る時間ですよ
mō ie ni kaeru jikan desu yo!
c’est le temps de rentrer à la maison.

事故にあわないよう、
Jiko ni awanai you,
Pour éviter les accidents,
みんなで気をつけて帰りましょう
mi’na de ki o tsukete kaerimashō!
soyez prudent et retournez chez vous.

市民のみなさん、
Shimin no mina san,
Aux citoyens de la ville,
子ども達の安全を地域の目で
kodomo-tachi no anzen o chīki no me de
pour la sécurité des enfants, surveillez les environs
見守りましょう
mamorimashō!
afin de les protéger.

Le message double aussi comme test, pour s’assurer que le système d’haut-parleurs fonctionne partout à travers la ville. Avec la forte population de personnes âgées ici, il est aussi utilisé pour transmettre des messages d’appel, lorsqu’on est à la recherche d’une personne portée disparue.

Le système fait aussi parti d’un grand système national d’alarme automatique qui déclenche lorsqu’un tremblement de terre fort s’approche (d’une magnitude de 5 ou plus sur l’échelle de Richter). Ça n’est jamais arrivé depuis que je suis ici : il y a des séismes, mais pas assez fort pour sonner l’alarme. Quand même, ils effectuent des tests de temps à autre puis l’alarme me fait sursauter des fois.

Un tel système est commun à travers le Japon. Presque chaque ville a sa propre cloche ou sa propre mélodie pour indiquer une fin de journée de travail. Encore là, ça permet aussi de vérifier quotidiennement que les haut-parleurs fonctionnent, au cas où il y aurait une urgence. Mais contrairement à ici, dans les endroits plus urbains comme dans le centre de Tokyo, il y a pas de message parlé qui accompagne la musique.

Aller à l’école n’est pas pareil comme au Canada où que les parents vont y emporter les enfants en voiture ou les enfants vont y aller en autobus scolaire. Au Japon, les élèves, même les plus jeunes à l’élémentaire, vont souvent à l’école par eux même ou accompagnés par leurs camarades de classe. Les communautés et les rues ici sont assez sécuritaires qu’on fait confiance au voisinage pour ça.

Un peu après l’annonce, des members de l’association de parents d’élèves des écoles environnantes vont patrouiller les alentours pour s’assurer que les enfants rentrent chez eux. Pendant ce temps, les adolescents et ceux qui approchent l’âge vont habituellement se rendre à leurs cours de soir par eux-mêmes et rentrent chez eux plus tard dans la soirée.

Le 5e anniversaire du tremblement de terre au Japon de 2011

Vous vous souvenez du tremblement de terre qui a secoué le nord-est du Japon le 11 mars 2011 ? C’était le plus fort enregistré au pays. Dans mon dernier vidéo, je vous raconte comment ça c’est passé pendant la journée du séisme puis les jours qui suivent.

Image couverture : la chaîne NHK affiche les avertissement de tsunami immédiatement après le tremblement de terre.